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La seconde guerre mondiale

En septembre 1939, éclate le 2e conflit mondial. Dés cette date, la forêt de Nieppe est exploitée pour fournir tout d’abord, des piquets anti-chars. Le 17 mai 1940, des convois de réfugiés belges passent sur la route de Saint Pol avec leurs fameuses couvertures rouges, puis bientôt les français de la frontière belge. Le 27 mai, arrivent les premiers allemands par Robecq avec pour mission de détruire le pont-levis de Saint Venant que plusieurs bataillons anglais tentent de défendre.

Les troupes de la 3e Pander Division et le régiment SS Germania créent la panique dans les rangs anglais fortement éprouvés par les bombardements de la veille. La bataille fait rage et les chars avancent. Ayant reçu l’ordre de ralentir l’avancée des Allemands pour permettre le repli des autres unités britanniques vers la forêt de Nieppe, le Lieutenant colonel Harrison, commandant le 1er bataillon du Royal Welch Fusiliers franchit le pont avec son bataillon et s’embusque dans les profonds fossés. C’est en tentant d’en sortir qu’il est tué, son bataillon est décimé, les Welchmen ayant été littéralement sacrifiés : sur 700 hommes arrivés pour défendre Saint Venant, seuls 80 réussirent à rejoindre les plages de Dunkerque. Harrison, les Welchmen et plusieurs aviateurs de la Royal Air Force reposent au British Cimetery du Corbie

La prise de Saint Venant provoque des dégâts considérables notamment à l’église, au presbytère et à la salle d’œuvres.

De 1940 à 1943, les troupes allemandes cantonnent assez rarement dans le village. De temps à autre, aux périodes de relève, quelques unités y séjourneront un jour ou deux.

En septembre 1943, un gros contingent allemand de l’Organisation Todt s’installe dans la forêt de Nieppe. L’accès à la forêt est interdit aux Français sauf pour ceux qui sont réquisitionnés pour le Service de Travail Obligatoire, qui doivent bûcheronner pour fournir les fameux pieux « asperges » Rommel anti-débarquement. Dans le même temps les troupes combattantes de retour de Russie viennent passer l’hiver au village.

En février 1944, elles sont remplacées par des troupes russes au service de l’Allemagne qui, à leur tour, s’en allèrent.

En juin 1944 les alliés débarquent en Normandie...
Avant l’aube, plus de 1000 avions larguent 18 000 parachutistes... 5000 navires transportant 185 000 hommes et 20 000 véhicules, arrivent en vue des côtes... Trois mois plus tard, pour notre village, ce sera la Libération... mais avant :

Fin juillet 1944, les rampes de lancement pour V1 et V2 seraient, parait-il, achevées et on annonce leur entrée en fonction pour le 1er août. Mais les escadrilles alliées vinrent les détruire au cours de 8 raids violents sur la forêt : les habitants du Forest durent quitter leurs maisons, heureusement il n’y eut pas de victime, mais des dégâts considérables dans la rue de Tannay (Tann-ay : lieu de tannage, avec l’écorce du chêne moulue). Par crainte des bombardements, 200 soldats allemands cantonnés dans la forêt, vinrent s’installer au village.

Devant l’avancée alliée, les Allemands sont contraints de battre en retraite non sans causer de nouvelles pertes. Ils exécutent quasiment là où est tombé Harrison, 8 otages de Mont Bernanchon et jettent leurs cadavres à la rivière avant de faire sauter le pont en bois muni d’une guérite qu’ils avaient reconstruit eux-mêmes, pendant l’occupation.

Dans leur fuite, les allemands font sauter le pont levis entre Haverskerque et Saint-Venant, le pont de bois et la passerelle. L’écluse fut endommagée. Un pont provisoire, aussi en bois, relia assez rapidement les deux rives.

Le 31 août 1944 les soldats de l’Organisation Todt quittent le village : 14 cultivateurs sont réquisitionnés pour les reconduire avec leurs attelages, en Belgique jusque Tournai.

Du 1er au 4 septembre 1944, sur la grand route, affluent les convois de l’armée allemande qui fuient vers Hazebrouck : véhicules motorisés et hippomobiles alternent avec les cyclistes et les piétons. Des soldats sont juchés sur des tombereaux, des vieilles voitures enlevées dans les fermes du Pas de Calais et de la Somme voire de Normandie. Dans la nuit du 3 au 4, une quinzaine de FFI tente de faire sauter la grand route ; en les recherchant, les allemands arrêtent et tuent deux jeunes de la commune : André Brisbart 21 ans et Gustave Martel 22 ans.
Le 5, ils installent un poste d’observation au clocher pour ... quelques heures.

Dans la nuit du 5 ou 6 septembre 1944, les dernières troupes allemandes quittent Haverskerque

Le 6 septembre 1944 au matin, il règne un profond silence au village. On dit que les Anglais sont à Merville depuis la veille. Les drapeaux apparaissent aux fenêtres. Deux motocyclistes alliés sont à Saint Venant mais ne peuvent franchir le canal. A midi, une vingtaine de chenillettes arrivent de Merville précédées des jeunes du Corbie, à la Croix Mairesse.

L’accueil est triomphal...

Puis ce fut le retour des prisonniers en 1945 et une fois de plus, la reconstruction et les dommages de guerre.

Les années sombres, ce fut aussi :

  • les réquisitions, le Service de Travail Obligatoire, les réfractaires : véritables hors la loi, la résistance, les ravitailleurs, le marché noir,...
  • les vagues de stukas aux sirènes hurlantes partant écraser l’Angleterre en été 1940, puis les armadas de super forteresses américaines ou d’Halifax de la RAF protégés par une nuée de chasseurs allant de jour comme de nuit détruire les usines allemandes ou les objectifs militaires chez nous (intenses bombardements sur la gare d’Hazebrouck et ses environs, sur le terrain d’aviation de Merville), les feux d’artifice la nuit sur la forêt de Nieppe.
  • les postes à galènes et « Ici Londres, les Français parlent aux Français », « Radio Paris ment, radio Paris est allemand ».
  • les doryphores et les macaronis.
  • les combats aériens et l’aide aux aviateurs alliés abattus par la DCA ou la chasse allemande : la place Albertine Pérel rappelle l’aide apportée par cette résistante à plusieurs aviateurs anglais dont le parachutiste de la saint Médard, recueilli le 2 juin 1942, soigné, camouflé d’abord dans les bois, ravitaillé par la petite Julienne Pérel âgée de 11 ans à l’époque et pris en charge après de multiples péripéties, pour regagner l’Angleterre.
  • la résistance au quotidien comme par exemple, de refuser de mettre à disposition son attelage pour travailler au champ d’aviation de Merville.
  • les cartes d’alimentation donnant droit à des tickets : E pour les bébés, J1 de 1 à 6 ans, J2 de 6 à 12 ans et au-delà variant avec les situations : travailleurs de force, femmes enceintes ...

Moyennant ces tickets, on peut toucher 300g de pain par jour et pas du pain blanc ! 90g de viande os compris par semaine, 3l de vin par mois et quel vin ! du charbon pierreux et poussiéreux le plus souvent, des galoches à semelles de bois, un peu d’huile, du savon qui ne mousse pas, du café : « la cafétine » = 25% de café et 75% d’orge torréfié, parfois un soupçon de chocolat ou de confiture...

Heureusement dans les grandes villes, existe depuis 1940, la soupe populaire pour les plus démunis. Les écoliers reçoivent des biscuits vitaminés et à la campagne, on peut parfois améliorer, en douce, l’ordinaire. De nombreux ravitailleurs viennent des mines chercher dans les fermes pommes de terre, haricots, beurre, lait, œufs, parfois un cochon, lapin, poulet, voyageurs clandestins du train de Thiennes ou en vélos sans chambre à air ni pneu, remplacée par des cordelettes enroulées autour des roues.

Ce n’est qu’en 1950 que tout rentre dans l’ordre et qu’un peu à la fois, les tickets et cartes disparaissent.