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Du XVI au XIXe Siècle

Haveskerque, cité française...

Changement de nationalité : un bien grand mot en ce temps-là ! Après avoir été flamande, bourguignonne (1384-1526) et après un siècle et demi d’occupation espagnole (1526-1679) qui n’eût guère d’action profonde sur le pays, la cité d’Haveskerque comme celles de toute la Flandre occidentale, est rattachée définitivement à la France de Louis XIV par le traité de Nimègue du 17 septembre 1678.
A partir de cette date, c’est la langue française qui est enseignée sur le territoire et non plus le flamand. La francisation est progressive et générale. D’après les annales du Comité flamand de 1856, les habitants d’Haverskerque parlent exclusivement le français au milieu du XIXe siècle.

Sur le plan religieux, le peuple est assez pratiquant. Mêlant foi et superstition, il craint la sorcellerie. C’est pourquoi les archives rapportent qu’ en 1658, une Dame Delecluze est brûlée pour avoir participé à des assemblées de sorcières ou sabbats, au Cornet Malo (Cornet Malo = la corne du diable).

Marlborough

Sous Louis XIV, le village souffre cruellement des guerres de coalition. Au cours de la guerre de succession d’Espagne, au siège d’Aire et de Saint Venant par les Allemands, les Anglais et les Hollandais en 1710, on rapporte qu’un général et duc anglais, John Marlborough, aurait logé au presbytère de la commune, dans le lit du curé d’Haveskercke qui dût trouver asile dans la maison de l’un de ses paroissiens. Les Français, vaincus par les armes, se vengent en imaginant cette chanson burlesque rendue populaire à la fin du XVIIIe siècle seulement :


L’abbé Mathieu Bulteel, curé de 1704 à 1717, rapporte dans son registre paroissial que quelques jours avant le siège d’Aire et de Saint Venant, une soixantaine de maraudeurs hollandais forcèrent la porte de l’église pour la piller. Mal leur en prit. Ils furent reçus par « le susdit clercq et les trois sauvegardes et des paysans qui les attendaient. La plupart des assaillants furent tués ou blessés en sortant de l’église ou en repassant la rivière. » Notre pasteur ajoute que les envahisseurs amenèrent avec eux des maladies qui emportèrent beaucoup de villageois. Il en est ainsi quand Marlborough s’en va-t-en guerre ...

Carpentier

En janvier 1793, le député conventionnel et maire d’Haverskerque, Carpentier vote la mort de Louis XVI. Celui-ci ayant été condamné à mort à une seule voix de majorité, il n’y a qu’un pas pour rendre Haverskerque responsable de la mort du roi. Déchu de ses fonctions de maire je jour même de l’arrivée au trône de Louis XVIIl, le 20 août 1815, il devra fuir en Belgique et finira ses jours à Ypres. La fille de Carpentier, Dame Carpentier Dessemblois, baronne de Foucaucourt, fonde, en réparation, l’école paroissiale, route d’Hazebrouck, construite en 1861 et lègue à la commune le 20 janvier 1870, une résidence secondaire pour y aménager un hospice pour 12 vieillards.

La vie à Haverskerque au XVIIIe siècle

Les méandres de la Lys, aux sinuosités capricieuses avec la pluie, rendant la navigation dangereuse, on songe à rectifier le cours de la Lys. En 1707, on creuse la partie du canal comprise entre Merville et Saint Venant. De 1775 à 1782, le Génie militaire creuse et redresse la partie comprise entre Saint Venant et Aire, construit le barrage décharge de la Cense à Witz, la décharge de Saint Venant, le vannage de la Motte Baudet. Ces grands travaux permettent le passage de petites bélandres de moyen tonnage. La Lys devient la grande voie de transport des marchandises et des hommes. La Vieille Lys, frontière du Nord et du Pas de Calais, délimite les communes d’Haverskerque (59), Saint Floris et Saint Venant (62).

Le réseau routier est encore inexistant : dans un sol gras, sous un climat humide, la boue empêche la circulation une grande partie de l’année, à cheval comme en voiture. Les chemins de terre sont semés de véritables fondrières et la circulation à pied se fait à l’aide de « pierres de marchepied » ou « pierres de pas » , gros pavés de grés disposés sur un côté du chemin, à intervalles réguliers. Au milieu du XIXe siècle, la route départementale Merville / Haverskerque est encore agrémentée de marchepieds.

Tous les hivers, les inondations sévissent à Haverskerque : elles durent quelquefois jusqu’à 6 semaines. Plusieurs appels sont faits à la Cour de Cassel (1663, 1663, 1710, 1716) demandant « la modération des impôts et rappelant les épreuves des habitants d’Haveskercke : les fortifications de Saint Venant ont pris beaucoup de terres au village, elles en rendent beaucoup inondées... Le village a perdu le dixième de sa superficie mais les impôts n’ont pas diminué ».

Autre témoignage de l’abbé Froissard, curé de 1766 à la Révolution : « il y avait de l’eau parfois jusqu’au portail de l’église où l’on ne pouvait parvenir qu’en barque. Il est arrivé deux fois de son temps que l’on soit venu prendre le vicaire chez lui avec une barque pour le conduire à la chapelle Sainte Agathe y célébrer la messe pour la commodité des paroissiens qui ne pouvaient aborder l’église ».

Au registre des calamités, il faut ajouter que les années de disette sont fréquentes . Les archives de la commune détaillent celle de 1740 où les Haverskerquois connaissent un terrible hiver. Dans le registre de Saint Floris de Flandre (le Corbie), on relève que « du 6 janvier au 21 mars, chariots et canons roulaient sur la Lys gelée. Le dimanche, les hommes passaient la rivière à pied pour aller à la messe ». Les gelées ayant perduré jusqu’en mars, les semailles sont perdues et la disette s’installe jusqu’en août 1741. Face à la pénurie et la cherté des grains, le prince d’Isenghem, lieutenant général du pays d’Artois, doit faire encadrer le commerce des censiers, distribuer des bons de réduction aux plus pauvres et organiser des patrouilles continuelles, de jour et de nuit, pour veiller aux récoltes et moissons.